Création d’un programme de formation et structuration d’une équipe

Retour d’expérience

Depuis toujours, j’aime transmettre et faire grandir les personnes avec lesquelles je travaille. L’enseignement est, selon moi, un métier exigeant et profondément humain, dans lequel la patience et l’adaptabilité sont essentielles. Chaque personne apprend différemment, à son rythme, avec ses propres repères.

C’est dans cet esprit que j’ai mis mes compétences au service de mon laboratoire d’analyses médicales. Après deux années passées à apprendre et à maîtriser l’ensemble des postes du laboratoire, j’ai commencé à former les jeunes diplômés au prélèvement sanguin. Car, contrairement à ce que l’on pourrait croire, un diplôme ne garantit pas la maîtrise du geste. Entre la théorie, le nombre limité de prélèvements obligatoires durant la formation initiale et la diversité veineuse de la population, rien n’est jamais totalement acquis.

En laboratoire d’analyses médicales, l’habilitation du personnel est strictement réglementée. Chaque collaborateur doit suivre une formation, obtenir une habilitation, puis faire l’objet d’un suivi rigoureux, avec une traçabilité précise des actes réalisés. C’est dans ce cadre que j’ai conçu un programme de formation à l’habilitation, d’une durée variable — de un à cinq jours — en fonction de l’expérience et du profil des recrues.

Ce programme reposait sur des principes pédagogiques simples et structurants :

  • observation du formateur par l’apprenant 
  • transmission des outils nécessaires à la bonne exécution des gestes 
  • mise en pratique progressive 
  • évaluation 
  • surveillance et accompagnement 

Deux principes fondamentaux guidaient cette formation. 
Le premier consistait à ne jamais laisser l’apprenant arriver à un état de détresse ou de panique : le formateur devait savoir prendre le relais au bon moment. 
Le second, spécifique au domaine de la santé, concernait la surveillance des points critiques : rendu des urgences et gestion des situations vitales. 

En appliquant ces principes, la formation pouvait se dérouler avec sérénité et efficacité. Le coût d’une formation en entreprise — en temps, en énergie et en ressources humaines — devait être pris en compte à chaque étape. 

Très vite, j’ai compris qu’il n’était ni souhaitable ni durable de porter seule cette responsabilité. J’ai donc constitué une équipe de formateurs volontaires, désireux de transmettre leur savoir et animés par le goût des relations humaines. Car le secteur de la santé est bien plus qu’un métier : il est centré sur l’humain, avant tout. 

J’ai formé cette équipe à aller à l’essentiel, à être efficace, à maîtriser l’aspect administratif sans qu’il devienne envahissant. Le bien-être des formateurs faisait également partie intégrante du dispositif. Les plannings étaient organisés de manière à leur permettre des temps sans observation permanente, indispensables pour préserver leur énergie. 

Former dans le domaine de la santé est particulièrement exigeant. Il faut transmettre tout en restant vigilant au patient, car l’erreur n’est pas permise. Le formateur est à la fois responsable de son poste, de l’apprenant et du patient. Pour soutenir cette dynamique, nous organisions une réunion tous les deux mois afin de partager les retours d’expérience, les contraintes rencontrées et les axes d’amélioration. Construire une équipe efficace demande de l’implication, de l’écoute et une compréhension fine des réalités du terrain. 

Nous formions entre deux et six nouveaux collaborateurs par semaine. Le laboratoire est ainsi devenu centre de formation départemental. 

Les formations ont ensuite été complétées par des procédures régionales, des supports de présentation, puis par des modules d’e-learning. Proposer plusieurs formats était essentiel, car chacun apprend différemment. Cela permettait également d’optimiser le temps des formateurs, qui restaient en poste tout en assurant la formation, dans un contexte souvent marqué par l’urgence et les contraintes opérationnelles. 

Ce que j’ai appris

  • Transmettre, c’est structurer sans rigidifier. 
  • Former, c’est sécuriser à la fois les personnes, les pratiques et l’organisation. 
  • La performance durable passe par le respect du rythme et de l’énergie des équipes.

Cette expérience a profondément renforcé ma capacité à accompagner, structurer et faire grandir des équipes dans des environnements exigeants et à forte responsabilité humaine.